" Les jeunes générations ne peuvent accepter que les générations actuelles vivent à leur crédit ", déclarait Nicolas Sarkozy au cours de la campagne présidentielle . ajoutant que " la maîtrise de nos finances publiques est un impératif moral autant que financier".
L'impératif moral aura été mis de côté par le président de la République en exercice, confronté à la crise financière internationale, qui a annoncé le 22 Juin son intention de lancer un emprunt national". Si les modalités de cet emprunt ne sont pas encore connues, le Premier Ministre, François Fillon, en a d'ores et déjà, indiqué les grandes lignes. C'est en 2010 que sera lancé cet "emprunt Sarkozy" dont le montant pourrait être très important, proche de 140 milliards d'euros qui pourrait être remboursable sur une période de huit à dix ans.
Un emprunt qui ne financera pas les dépenses de fonctionnement, ni de nouvelles dépenses sociales, mais qui permettrait de payer des investissements "prioritaires" dans le domaine de la croissance verte, du développement durable, de l'université de demain, de l'économie et de la connaissance. C'est dans le cadre d'une négociation avec les partenaires sociaux que doivent être définies ces priorités.
Si le président et son premier ministre ont renoncé à une politique de rigueur ou à une augmentation des prélèvements obligatoires, pour ne pas aggraver les effets de la crise, ils renoncent en même temps aux objectifs annoncés lors de la campagne présidentielle. "Je m'engage à ramener la dette en dessous des 60 % duPIB d'ici 2012" avait solennellement indiqué NicolasSarkozy. La dette, qui représentait 68,1 % du PIB en 2008, devrait passer à 77 % du PIB en 2009, 83 % en 2010, 86 % en 2011 et 88 % en 2012, selon les propres prévisions du gouvernement. Et l' OCDE, plus alarmiste encore, estime qu'elle représentera 86 % du PIB dès l'an prochain ...
On n'ose même plus évoquer les fameux critères de Maastricht qui limitent les déficits publics à 3 % du PIB. Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, le déficit public devrait représenter 7 à 7,5 % du PIB en 2009 et 2010 et ne devrait pas revenir sous les critères de Maastricht d'ici 2012.
A la décharge du gouvernement, il faut rappeler que ce déficit , est en partie lié au système de protection sociale français dont le coût augmente mécaniquement en période de crise. Et que le taux élevé des emplois publics en France et la qualité de notre assurance-chômage et des aides apportées aux personnes sans emploi permettent d'atténuer, en France plus que dans d'autres pays, les effets de la crise.
Il faut, pour financer ce déficit public, que l'Etat emprunte. Et Nicolas Sarkozy a choisi de faire directement appel aux épargnants français. Un bonne idée sans doute en terme de communication politique puisqu'elle permettra d'associer les épargnants à une sorte d'effort national. Mais une mauvaise idée sur le plan financier, si l'on se souvient des conséquences du dernier emprunt national, l'emprunt Balladur.
Lancé en 1993, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre du Budget, cet emprunt avait fait perdre à l'Etat entre 3,3 et 4,3 milliards de francs. Il avait fallu financer une campagne publicitaire, payer des commissions aux banques, accorder des réductions d'impôts aux souscripteurs, les exonérer des taxes sur les plus-values ...
Alors que la France, par le biais de l'Agence France Trésor, emprunte sans cesse de l'argent à des taux intéressants, l'emprunt Sarkozy, s'il veut réussir à attirer les épargnants, devra proposer des taux d'intérêts plus élevés, ou accorder des remises d'impôts aux souscripteurs. Ainsi, alors que l'Etat vend des obligations d'Etat à un taux de 3,84 % sur 10 ans, on peut penser que l'emprunt Sarkozy devra offrir un taux plus avantageux, peut-être de l'ordre de 4,5 % comme l'ernprunt que vient de lancer EDF. Patrick Devedjian, ministre de la relance, a indiqué que si 17 % des Français souscrivent à cet emprunt d'Etat, cela constituerait un succès. Et l'on pourra facilement faire de cet emprunt un plébiscite populaire en proposant un taux d'intérêt élevé ou des avantages fiscaux associés. Ce qui reviendrait alors, en plus de l'accroîssement de la dette, à alourdir le coût de la dette ...
Un emprunt qui ne financera pas les dépenses de fonctionnement, ni de nouvelles dépenses sociales, mais qui permettrait de payer des investissements "prioritaires" dans le domaine de la croissance verte, du développement durable, de l'université de demain, de l'économie et de la connaissance. C'est dans le cadre d'une négociation avec les partenaires sociaux que doivent être définies ces priorités.
Si le président et son premier ministre ont renoncé à une politique de rigueur ou à une augmentation des prélèvements obligatoires, pour ne pas aggraver les effets de la crise, ils renoncent en même temps aux objectifs annoncés lors de la campagne présidentielle. "Je m'engage à ramener la dette en dessous des 60 % duPIB d'ici 2012" avait solennellement indiqué NicolasSarkozy. La dette, qui représentait 68,1 % du PIB en 2008, devrait passer à 77 % du PIB en 2009, 83 % en 2010, 86 % en 2011 et 88 % en 2012, selon les propres prévisions du gouvernement. Et l' OCDE, plus alarmiste encore, estime qu'elle représentera 86 % du PIB dès l'an prochain ...
On n'ose même plus évoquer les fameux critères de Maastricht qui limitent les déficits publics à 3 % du PIB. Selon le ministre du Budget, Eric Woerth, le déficit public devrait représenter 7 à 7,5 % du PIB en 2009 et 2010 et ne devrait pas revenir sous les critères de Maastricht d'ici 2012.
A la décharge du gouvernement, il faut rappeler que ce déficit , est en partie lié au système de protection sociale français dont le coût augmente mécaniquement en période de crise. Et que le taux élevé des emplois publics en France et la qualité de notre assurance-chômage et des aides apportées aux personnes sans emploi permettent d'atténuer, en France plus que dans d'autres pays, les effets de la crise.
Il faut, pour financer ce déficit public, que l'Etat emprunte. Et Nicolas Sarkozy a choisi de faire directement appel aux épargnants français. Un bonne idée sans doute en terme de communication politique puisqu'elle permettra d'associer les épargnants à une sorte d'effort national. Mais une mauvaise idée sur le plan financier, si l'on se souvient des conséquences du dernier emprunt national, l'emprunt Balladur.
Lancé en 1993, lorsque Nicolas Sarkozy était ministre du Budget, cet emprunt avait fait perdre à l'Etat entre 3,3 et 4,3 milliards de francs. Il avait fallu financer une campagne publicitaire, payer des commissions aux banques, accorder des réductions d'impôts aux souscripteurs, les exonérer des taxes sur les plus-values ...
Alors que la France, par le biais de l'Agence France Trésor, emprunte sans cesse de l'argent à des taux intéressants, l'emprunt Sarkozy, s'il veut réussir à attirer les épargnants, devra proposer des taux d'intérêts plus élevés, ou accorder des remises d'impôts aux souscripteurs. Ainsi, alors que l'Etat vend des obligations d'Etat à un taux de 3,84 % sur 10 ans, on peut penser que l'emprunt Sarkozy devra offrir un taux plus avantageux, peut-être de l'ordre de 4,5 % comme l'ernprunt que vient de lancer EDF. Patrick Devedjian, ministre de la relance, a indiqué que si 17 % des Français souscrivent à cet emprunt d'Etat, cela constituerait un succès. Et l'on pourra facilement faire de cet emprunt un plébiscite populaire en proposant un taux d'intérêt élevé ou des avantages fiscaux associés. Ce qui reviendrait alors, en plus de l'accroîssement de la dette, à alourdir le coût de la dette ...
Patrick JOURON