Déjà 2012 s'avance et chacun mesure à quel point ce sera une année charnière pour notre pays et le monde auquel il appartient. Le Vieux Monde,devrait-on dire, presqu'à regrets. Tant,en effet, nos certitudes passées s'envoient comme les dernières feuilles de l'automne. Les modèles dominants s'effondrent devant nous et nous laissent démunis. Il y a vingt ans, l'effondrement du bloc soviétique laissait orphelins tous ceux qui avaient cru en la représentation communiste de l'humanité, ignorant ses aspects criminels ou s'en faisant les complices. Nous avons alors cru, avec un peu de facilité, que la vision occidentale, celle de la démocratie libérale, avait partie gagnée de façon définitive. C'était le mythe de la fin de l'Histoire. Et il n'en fut rien, bien sûr. Nous avons trop ignoré que la démocratie n'est pas liée qu'au seul triomphe d'un modèle économique et nous avons commis la faute, collective,de nous abandonner aux délices de la facilité. C'est ainsi que les Etats-Unis ont cru pouvoir imposer par la force, au Moyen-Orient, une démocratie rejetée parce qu'imposée, s'engageant dans des aventures militaires ruineuses à tous points de vue. C'est ainsi, aussi, que l'Europe a cru qu'il suffisait d'une monnaie sans Etat, négociée en contrepartie de la réunification de l'Allemagne, pour se construire un avenir.Dans les prochains mois, des choix vont être faits qui conditionner ont fortement notre avenir. L'Amérique cessera-t-elle de vivre à crédit pour se donner l'illusion d'être encore l'hyper puissance?
La Russie de Poutine acceptera-t-elle enfin de faire le deuil de l'Union soviétique et entrera-t-elle sans heurts dans la normalité démocratique?
La Chine apprendra-t-elle à gérer sa puissance et saura-t-elle effectuer la mue nécessaire qu'exige un corps social qui se lézarde?
L'Europe comprendra-t-elle enfin le sens de la construction historique qu'elle a ébauchée et qu'elle peine à faire aboutir ou sombrera-t -elle dans le chaos?
Et la France, dans tout ceci ? Nostalgique d'une puissance et d'une grandeur dissoutes dans la marche du monde, elle va se choisir un président. De tout ce qui précède ne doit pas ressortir l'idée que cette élection est négligeable. Elle exprimera, au contraire, la capacité de notre pays à comprendre le sens de l'Histoire en mouvement.
La Russie de Poutine acceptera-t-elle enfin de faire le deuil de l'Union soviétique et entrera-t-elle sans heurts dans la normalité démocratique?
La Chine apprendra-t-elle à gérer sa puissance et saura-t-elle effectuer la mue nécessaire qu'exige un corps social qui se lézarde?
L'Europe comprendra-t-elle enfin le sens de la construction historique qu'elle a ébauchée et qu'elle peine à faire aboutir ou sombrera-t -elle dans le chaos?
Et la France, dans tout ceci ? Nostalgique d'une puissance et d'une grandeur dissoutes dans la marche du monde, elle va se choisir un président. De tout ce qui précède ne doit pas ressortir l'idée que cette élection est négligeable. Elle exprimera, au contraire, la capacité de notre pays à comprendre le sens de l'Histoire en mouvement.
Patrick JOURON
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