mercredi 5 octobre 2011

Encore les affaires ...

A moins d'un an de l'élection présidentielle, la sale petite musique des «affaires» ne cesse décidément pas de polluer notre vie politique. Déjà traumatisée par la perte du Sénat, la majorité doit faire face à une rafale de «révélations» toutes plus nauséabondes les unes que les autres, qu'il s'agisse des mallettes de billets de tel potentat africain ou, dernièrement, des dénonciations concernant l'affaire de Karachi et le financement supposé de la cammpagne d'Edouard Balladur en 1995.

La maladresse des proches de Nicolas Sarkozy n'est d'ailleurs pas l'élément le moins mystérieux de ce théâtre d'ombres. Comment par exemple Brice Hortefeux, qui n'est pas précisément un novice, peut-il avoir appelé Thierry Gaubert en pleine garde-à-vue (mais ayant gardé son téléphone portable ouvert !) au risque de donner corps aux plus graves accusations. On ne s'y serait pas pris autrement pour prêter le flanc aux accusations d'ingérence de l'exécutif dans les affaires publiques. Qu'il y ait une part de manipulation dans tout cela relève de l'évidence. Le monde politique français est le théâtre de luttes personnelles sans merci où les coups tordus sont monnnaie courante, surtout à l'approche d'une élection à grand enjeu. Le plus difficile est de savoir qui manipule qui, tant les montages peuver]t se révéler complexes. L'affaire Clearstream est parfaitement révélatrice de ces opéérations si subtiles qu'elles échappent finalement à tout le monde, et notammment aux juges et aux politiques. Cette pratique des coups tordus et des cadavres ressortis à l'approche d'un scrutin n'est d'ailleurs pas une spécialité française. On la retrouve aux USA, autre vieille république où les attaques entre les candidats et leurs états-majors atteignent parfois un niveau d'agressivité que nous imaginons difficilement.

En finir avec les « affaires » ? Sans doute, mais en sachant que la justice n'y suffira pas et que son action se révélera toujours décevante dans un domaine où la preuve est toujours difficile -voire impossible à obtenir. La posture du chevalier blanc peut se révéler plus dangereuse (notamment pour les libertés publiques) que le mal qu'elle prétend combattre. Les «affaires» semblent constituer la rançon d'une démocratie vivante. Il faut veiller à ce que cette rançon ne soit pas trop élevée.
Patrick JOURON

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