dimanche 10 juillet 2011

Les évènements de Juillet

Il faut évidemment se réjouir de la l ibération des journalistes Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier,sortis des griffes des talibans dans les confins des maquis afghans. A peine revenus sur le sol français, une fois éteints les lampions de la fête des retrouvailles,d'aucuns se croiront inévitablement autorisés à polémiquer sur l'éventuel versement d'une rançon aux ravisseurs.
Tenons-nous en aux déclarations d'Alain Juppé qui, mercredi soir a rappelé que la France ne paie pas les preneurs d'otages mais que, parfois, la raison d'Etat... Avant de juger, imaginons un instant que nous ayons un conjoint, un père, un frère ou un fils retenu en otage quelque part. Ne trouverions-nous pas normal que tout soit mis en oeuvre pour nous le rendre?
Et que penserions-nous d'un Président qui se résoudrait à laisser mourir un de nos compatriotes au nom de principes généraux sur lesquels il ne voudrait pas transiger?
Soyons aussi satisfaits de la nomination de Christine Lagarde à la direction générale du Fonds Monétaire International. Cette femme est un des hauts r esponsables français les plus brillants de ces dernières années. Sa compétence, son sens des responsabilités, son habileté dans les négociations internationales sont unaniment reconnus dans le monde entier. Après le lamentable exemple qu'a donné de la France Dominique Strauss-Kahn, après avoir néanmoins passé trois années remarquées au FMI, Lagarde va restaurer l'image internationale de notre pays. Avec l'Italien Mario Draghi qui succèdera le 1er novembre prochain à Jean- Claude Trichet au poste de président de la Banque Centrale Européenne, elle va aussi être la garante du sauvetage de l'euro, du rétablissement des grands équilibres budgétaires dans les pays de la zone qui sont les plus endettés. Au premier rang de ceux-ci figure la France. Autant dire que le(la) prochain(e) président(e) de la République devra négocier ses marges de manoeuvre auprès de ces deux-là.
Dans ce contexte, auquel s'ajoutent sur le plan médiatique le mariage princier de Monaco et la victoire de Tsonga sur Federer à Wimbledon, la décision de Martine Aubry de « proposer sa candidature» apparaît bien terne. Son entrée en campagne est ratée mais il faudra bien un jour faire le bilan des 35 heures. Cette mesure adoptée à son instigation par le gouvernement Jospin a détérioré la compétitivité de la France, plongé les Français dans le culte débilitant des RTT, entraîné un gel nécessaire des salaires qui a durablement ralenti la croissance française structurellement assise sur la consommation des ménages. Sans compter le coût budgétaire (de 20 milliards d'euros) que représentent· chaque année les allégements de charges consentis aux entreprises en contrepartie de cette pure folie. La primaire socialiste sera arbitrée entre Aubry et Hollande par Royal qui devra faire le choix cornélien de choisir entre celui qui l'a trahie dans sa vie de femme et celle qui l'a flouée au cours d'un congrès truqué.
Patrick JOURON

0 commentaires: